Remplacement de la valve aortique : chirurgie ou cathétérisme ?
J'ai 82 ans, je suis encore en forme, faisant de la marche régulièrement quoiqu'un peu essoufflée depuis deux mois. Je remets depuis 4 ans un remplacement de valve aortique que m'incite à faire mon cardiologue. Pourriez-vous m'indiquer un hôpital où je pourrais bénéficier d'une implantation par voie percutanée – on n'en parle beaucoup actuellement dans les émissions médicale sur la 5 –, qui est une méthode bien moins lourde ? – Mme J.R. (54)
Vous avez un rétrécissement aortique connu depuis quatre ans pour lequel votre cardiologue vous a proposé une intervention chirurgicale, que vous avez jusqu'à présent refusée. Vous avez entendu parle du remplacement valvulaire par cardiologie interventionnelle et vous voulez savoir si cette technique vous conviendrait.
Le remplacement valvulaire par cathétérisme est une technique mise au point par l'équipe cardiologique du CHU de Rouen en 2002 et qui est réservée aux patients présentant une contre-indication à l'intervention chirurgicale du fait une pathologie grave associée, abrégeant leur espérance de vie, ou du fait d'un état général très altéré rendant le geste opératoire périlleux.
D'après votre lettre, cela n'a pas l'air d'être votre cas et l'âge, à lui seul, n'est pas une contre indication au remplacement valvulaire chirurgical par prothèse biologique. Bien au contraire, car votre maladie s'observer sélectivement chez les sujets de plus de 70 ans et cette intervention, vers 80 ans, est maintenant courante, avec un risque opératoire se comptant en quelques pour cent seulement. Vous pouvez donc faire réaliser en toute confiance votre remplacement valvulaire.
Vous devez également tenir compte que les bio prothèses mises en place par cathétérisme n'ont pas fait leurs preuves au-delà de trois ou quatre ans, en raison du manque de recul qui est le nôtre devant cette nouvelle technique. Alors que l'on sait depuis longtemps que 90 % des bio prothèses mises en place par voie chirurgicales chez des sujets âgés de 80 ans fonctionnent toujours normalement 15 ans plus tard.
Connaissant les différentes particularités de chacune de ces techniques, vous pourrez, avec l'aide de votre cardiologue, choisir le traitement qui vous convient le mieux. Soit une intervention "lourde", avec un résultat a priori très durable, soit une technique non chirurgicale, plus "légère", sans doute pleine d'avenir, mais dont les résultats actuels ne garantissent pas la pérennisation du résultat à moyen ou long terme.
(17/12/2009) Dr Guy Hanania, cardiologue bénévolede la Fédération Française de Cardiologie
Dernières questions posées à nos cardiologues
Pouvez-vous me conseiller un bon cardiofréquencemètre que j'envisage d'utiliser après la pose d'un stent ? – Mr R.L. (par courriel)
Âgé d'un peu plus de 30 ans, on m'a découvert une communication inter-auriculaire. Ma mère s'était faite opérer sensiblement au même âge avec succès, mais je dois vous avouer ma profonde angoisse face à cette opération à cœur ouvert, notamment à l'idée d'être temporairement relié à une machine dans le cadre de la circulation extra-corporelle. – M. P.R. (par courriel)
J'ai assisté à une réanimation cardio-respiratoire. Je voulais savoir comment le cœur redémarrait : le massage entretient-il un phénomène physico-chimique qui "redémarre la pile" ? – Mme C.H. (par courriel)


