Ménopause, traitement hormonal et affections cardiologiques
Avec un stent actif dans l'IVA proximale depuis 2004 (angor instable) alors que je n'étais pas ménopausée, se pose pour moi aujourd'hui la question du traitement hormonal substitutif qui, en France, se fait avec des hormones naturelles par voie transcutanée. Si les hormones protègent les femmes des atteintes cardiologiques, pourquoi refuser le traitement hormonal substitutif qui maintient l'équilibre hormonal et préserve de bien des désagréments ? Donatrice depuis 2004, je n'ai jamais vu de réponse à cette question dans les études de la FFC. Merci pour votre avis. – Mme M.M. (par courriel)
La question de la prescription d'un traitement hormonal substitutif (THS) chez les patientes ménopausées ayant une cardiopathie ischémique n'est pas encore parfaitement tranchée.
C'est pour cette raison que vous n'avez jamais rien lu dans les publications de la Fédération Française de Cardiologie. De nombreuses études sont été menées, mais les résultats en sont contradictoires et les recommandations des sociétés savantes restent encore incertaines. Certes les femmes sont, jusqu'à leur ménopause, bien plus épargnées que les hommes par les cardiopathies ischémiques, sans que cette protection soit d'ailleurs absolue, vous en êtes la preuve.
Cette protection par le statut hormonal de la femme avant sa ménopause pourrait laisser logiquement penser qu'elle pourrait être étendue par la prescription d'un THS après la ménopause. En fait, cela n'est pas vrai, et le THS ne peut être considéré comme un élément de prévention à l'égard des cardiopathies ischémiques. En revanche, nous savons que le THS augmente le risque de thrombose, en particulier veineuse, dans une moindre mesure artérielle (même si la voie transdermique utilisée en France est moins nocive).
Dans votre cas, ce risque de thrombose artérielle qui existe est combattu par le traitement antiagrégant que vous devez suivre, mais on ne peut garantir une protection absolue à cet égard. On sait, en revanche, que le THS, améliore grandement l'inconfort provoqué par les symptômes gênants de la ménopause et réduit les risques d'ostéroporose. On sait aussi que le THS, surtout s'il est prolongé, peut augmenter le risque de cancer du sein.
La décision d'en entreprendre un, pendant quelques années, est donc une décision individuelle que doivent prendre en commun votre médecin de famille, votre cardiologue et votre gynécologue, en fonction des détails de votre histoire cardiologique et de l'intensité des symptômes que peut provoquer votre ménopause. Il ne peut s'agir d'une recommandation générale de prescription ou d'interdiction. Mais le principe de précaution oriente bien souvent, dans un cas comme le vôtre, vers l'abstention.
(26/07/2011) Dr Guy Hanania, cardiologue bénévolede la Fédération Française de Cardiologie
Dernières questions posées à nos cardiologues
Pouvez-vous me conseiller un bon cardiofréquencemètre que j'envisage d'utiliser après la pose d'un stent ? – Mr R.L. (par courriel)
Âgé d'un peu plus de 30 ans, on m'a découvert une communication inter-auriculaire. Ma mère s'était faite opérer sensiblement au même âge avec succès, mais je dois vous avouer ma profonde angoisse face à cette opération à cœur ouvert, notamment à l'idée d'être temporairement relié à une machine dans le cadre de la circulation extra-corporelle. – M. P.R. (par courriel)
J'ai assisté à une réanimation cardio-respiratoire. Je voulais savoir comment le cœur redémarrait : le massage entretient-il un phénomène physico-chimique qui "redémarre la pile" ? – Mme C.H. (par courriel)


