Infarctus du myocarde et nombre de vies sauvées
Dans un récent numéro de Cardio Conseil (bulletin des amis de la Fédération Française de Cardiologie) que je lis toujours avec plaisir il est précisé, dans le paragraphe abordant la prise en charge à l'hôpital de l'infarctus du myocarde : « Le nombre de vies sauvées est lié à la précocité du traitement : pour 1 000 patients traités, un traitement administré dans la première heure qui suit le début de la douleur permet de sauver 80 vies, alors qu'un traitement administré à la sixième heure ne permet de sauver que 20 vies ». Ceci ne représente que 8 % de probabilité de vie dans le premier cas et 2 % dans le second, ce qui me paraît bien faible alors que je pensais que l'application précoce de la procédure entrainait une survie bien plus importante ? – Mr M.F. (08000 Charleville)
Je comprends votre étonnement si vous avez interprété la notion de vies sauvées comme une survie globale apèrs infarctus du myocarde. Bien qu'il s'agisse d'une maladie potentiellement grave, avec des risques de complications sérieuses en particulier dans les premières heures, la mortalité n'est pas de 92 %. Fort heureusement !
Actuellement, on considère que la mortalité dans le mois qui suit un infarctus du myocarde, pris en charge précocement et avec les moyens thérapeutiques modernes, est de l'ordre de 5 à 7 %. Cette mortalité est beaucoup plus basse dans les formes simples et chez les sujets de moins de 70 ans environ, mais elle peut être plus élevée dans les formes graves et chez les octogénaires ou les nonagénaires.
La notion de vies sauvées correspond au gain obtenu par rapport à une mortalité "attendue" sur un groupe donné, caractérisé par une tranche d'âge, une forme d'infarctus plus ou moins étendu ou compliqué. Donc, 80 vies sauvées sur 1 000 cas correspondent à une réduction de 8 % de la mortalité attendue dans ce groupe.
Cela peut paraître peu par rapport aux chiffres indiqués plus haut, mais quand on estime le nombre d'infarctus annuel en France à environ 100 000, cela ajoute 8 000 vies sauvées par an, en cas d'appel du SAMU au 15 et prise en charge très précoce. Et pour chacun de ceux qui sont "tirés d'affaire", cela représente 100 % de succès.
(16/06/2009) Dr Guy Hanania, cardiologue bénévolede la Fédération Française de Cardiologie
Dernières questions posées à nos cardiologues
Pouvez-vous me conseiller un bon cardiofréquencemètre que j'envisage d'utiliser après la pose d'un stent ? – Mr R.L. (par courriel)
Âgé d'un peu plus de 30 ans, on m'a découvert une communication inter-auriculaire. Ma mère s'était faite opérer sensiblement au même âge avec succès, mais je dois vous avouer ma profonde angoisse face à cette opération à cœur ouvert, notamment à l'idée d'être temporairement relié à une machine dans le cadre de la circulation extra-corporelle. – M. P.R. (par courriel)
J'ai assisté à une réanimation cardio-respiratoire. Je voulais savoir comment le cœur redémarrait : le massage entretient-il un phénomène physico-chimique qui "redémarre la pile" ? – Mme C.H. (par courriel)


