Grossesse et valvulopathie
Porteuse de deux valves cardiaques, je veux absolument avoir un enfant, mais je crains faire une nouvelle fausse-couche (déjà deux grossesses non menées à terme). Ai-je des chances de réussite ? Mme H.B. (par courriel)
Mener à bien une grossesse quand on est porteuse de deux valves cardiaques est une entreprise qui expose, comme vous en avez déjà souffert, à la survenue de fausse-couche. Mais il n'y a pas d'impossibilité absolue.
À votre âge, les valves mises en place sont, le plus souvent, mécaniques qui sont préférées aux biologiques. Ces dernières permettraient des grossesses presque normales, mais elles se détériorent durant la grossesse, nécessitant leur remplacement rapide, et donc une nouvelle opération en cours de grossesse.
Si vous êtes porteuse de deux valves mécaniques (aortique et mitrale ? vous ne le précisez pas), celles-ci nécessitent la poursuite d'un traitement anticoagulant efficace qu'il n'est pas question d'interrompre car indispensable à la bonne fluidité de votre sang et au bon fonctionnement de vos prothèses. Mais ce traitement par comprimés passe la barrière placentaire et peut être responsable d'avortements spontanés qui correspondent, quand ils sont très précoces, à des fœtus mal-formés, donc non viables. Pour pouvoir mener une grossesse sous traitement anticoagulant, il faut bénéficier d'un suivi très étroit associant le cardiologie, l'obstétricien et le biologiste.
En effet, pour éviter si possible ces accidents, divers séquences thérapeutiques sont envisageables : la plus classique conduit à remplacer l'anticoagulant par la bouche par de l'héparine sous-cutanée dès que la grossesse est confirmée et ce, pendant le premier trimestre. Ensuite, pendant les deuxième et troisième trimestres de la grossesse, on peut revenir au traitement par la bouche, sauf pendant les deux dernières semaines où il faut reprendre l'héparine sous-cutanée jusqu'à l'accouchement. Ce dernier doit être pris en charge dans une maternité de niveau 3, c'est-à-dire hautement spécialisée. Comme vous le voyez, il y a des difficultés, mais pas d'impossibilité. Bon courage à vous.
(11/07/2011) Dr Guy Hanania, cardiologue bénévolede la Fédération Française de Cardiologie
Dernières questions posées à nos cardiologues
Pouvez-vous me conseiller un bon cardiofréquencemètre que j'envisage d'utiliser après la pose d'un stent ? – Mr R.L. (par courriel)
Âgé d'un peu plus de 30 ans, on m'a découvert une communication inter-auriculaire. Ma mère s'était faite opérer sensiblement au même âge avec succès, mais je dois vous avouer ma profonde angoisse face à cette opération à cœur ouvert, notamment à l'idée d'être temporairement relié à une machine dans le cadre de la circulation extra-corporelle. – M. P.R. (par courriel)
J'ai assisté à une réanimation cardio-respiratoire. Je voulais savoir comment le cœur redémarrait : le massage entretient-il un phénomène physico-chimique qui "redémarre la pile" ? – Mme C.H. (par courriel)


