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L'angine de poitrine

En France, on estime à plus de deux millions le nombre de personnes atteintes par cette maladie, qui peut être efficacement soignée à condition de connaître les signes d'alerte et d'effectuer un bilan complet dans les meilleurs délais.

Les symptômes de l'angine de poitrine

L'angine de poitrine se manifeste par une douleur profonde située au milieu du thorax, avec une sensation de serrement intense, angoissante. Cette douleur en barre survient à l'effort (marche rapide, en montée, contre le vent) et impose l'arrêt. Elle est soulagée en moins de deux minutes par le repos et/ou par la prise de trinitrineHistoriquement l'un des tout premiers médicaments de l'angine de poitrine (1879). Elle agit en dilatant les veines et les artères. Différentes formes pharmaceutiques en sont dérivées, notamment d'action prolongée, appelées dérivés nitrés., en dragée ou en spray.

Plus rarement, la douleur survient après le repas, pendant la digestion, ou au repos, la nuit. Elle peut irradier vers le bras gauche, l'avant-bras (avec parfois sensation de serrement au poignet), au bord externe de la main. Elle peut irradier également dans le cou, la mâchoire inférieure, parfois dans le bras droit, la nuque, le dos ou la région de l'estomac.

Cette douleur d'angine de poitrine se reproduit pour chaque effort à partir d'une certaine intensité.

L'angine de poitrine, première étape de la maladie coronaire

Comme tout muscle très sollicité mais insuffisamment oxygéné, le myocarde va subir... une crampeDouleur apparaissant dans un muscle victime d'une contracture, spasme prolongé des fibres musculaires soumises à un effort (normal ou excessif) alors que leur alimentation en oxygène est insuffisante pour ce niveau d'effort. L'angine de poitrine est une crampe du muscle cardiaque (myocarde) du fait de l'insuffisance d'apport d'oxygène par les artères coronaires. douloureuse. C'est l'angine de poitrine (ou angorDouleur thoracique, au repos ou à l'effort, due à la souffrance du cœur, en cas de rétrécissement des artères coronaires et d'apport insuffisant d'oxygène.) première étape de la maladie coronaire, pouvant aboutir aux accidents cardiaques qu’on appelle les syndromes coronairesArtères disposées en couronne autour du muscle cardiaque et assurant son irrigation et son oxygénation. L'obstruction d'une branche coronaire est responsable d'infarctus du myocarde. aigus tels que l'infarctus du myocarde (classiquement : angor d'effort -> angor de repos -> infarctus).

Bilan d'une angine de poitrine

A l'interrogatoire d’un patient souffrant de douleur thoracique d'effort, le médecin recherchera très attentivement les facteurs de risque de la maladie coronaire :

  • ceux qui sont non modifiables, comme l'âge, le sexe ou l'histoire familiale,
  • ceux qui sont modifiables, assez souvent associés, comme le tabagisme et des notions d’hypercholestérolémie, d’hypertension artérielle, de diabèteMaladie métabolique due à un trouble de l'assimilation des sucres (glucides). Il en existe deux formes principales : le diabète de type 1, dû à la disparition, dans l'enfance ou à l'adolescence, de sécrétion d'insuline par le pancréas, et le diabète de type 2, qui touche majoritairement les adultes, dû à un défaut d'efficacité de l'insuline., d’obésité abdominale, de troubles psychosociaux (stress, dépression, etc.), de troubles du comportement alimentaire (absence de fruits et légumes, absence ou excès d’alcool) ainsi qu'une absence d’activité physique régulière.

L'électrocardiogrammeSystème de captage et d'enregistrement de l'activité électrique du cœur (énergie de contraction), sachant que ces courants peuvent être mesurés et visualisés en plaçant des électrodes de part et d'autre du cœur, en des points géographiques précis du corps appelés dérivations. Le tracé de l'ECG apparaît sur une bande de papier millimétré ou sur l'écran de l'appareil de mesure informatisé. (ECGÉlectrocardiogramme.) enregistré au repos est très souvent normal. Il est donc essentiel de préciser le diagnostic en proposant un test d'effort.


L'épreuve d'effortExercice physique pratiqué sous surveillance cardiovasculaire (ECG) sur un vélo fixe ou sur un tapis roulant, permettant d'évaluer la capacité d'effort. (vidéo 1mn01s)

L'épreuve d'effort reste l’examen clé pour faire le diagnostic de maladie coronaire. Elle permet de reproduire les circonstances d'apparition de l'angine de poitrine. Il existe des protocoles adaptés à chaque patient qu’il soit sédentaire, actif ou sportif, l’objectif étant pour chaque patient d’aller au maximum de ce qu’il peut faire (effort maximal), condition indispensable pour pouvoir interpréter correctement le test.

En effet, pour chaque patient sera évalué sa capacité physique maximale (qui dépend du sexe, de l’âge, de l’entraînement physique, etc.), sa capacité à récupérer, les symptômes apparaissant à l’effort (douleur d’angine de poitrine, essoufflement, malaise, palpitations, etc.), les signes électriques (à l’ECG continu) et les niveaux de pression artériellePression exercée par le sang sur les parois artérielles, plus ou moins importante en fonction du débit cardiaque et de la résistance à cette pression opposée par les parois artérielles. Elle se mesure en millimètres de mercure (mm Hg) ou en centimètres de mercure (cm Hg)..

Les modifications de l'électrocardiogramme enregistré durant l'épreuve d'effort surviennent souvent avant la douleur, ces anomalies apportant la preuve de l'origine cardiaque des douleurs thoraciques (L’épreuve d'effort est dite alors positive).

Une épreuve très fortement positive incite à poursuivre le bilan par une coronarographieRadiographie des artères coronaires (dans lesquelles est injecté un liquide de contraste).. Une épreuve négative, c’est à dire « normale », permet souvent de rassurer, et peut écarter une maladie coronaire dans plus de 90% des cas.

Les autres examens

Si le patient est âgé de plus de 50 ans, le recours à une scintigraphie myocardique peut compléter les examens entrepris. Celle-ci met en évidence les parties non oxygénées du muscle grâce à deux séries de clichés (la première après une épreuve d'effort, la seconde 4 heures plus tard). L'échocardiographie permet d'apprécier la contraction du myocarde ventriculaire gauche, une anormalité de celle-ci indiquant l'existence très probable d'une sténoseRétrécissement d'un vaisseau ou resserrement anormal de l'orifice d'une valve. coronaire dans la zone.

Enfin la coronographie permet de visualiser de façon très précise les artèresVaisseaux transportant le sang riche en oxygène du cœur vers les organes. coronaires et leurs branches.

Évolution de l'angine de poitrine

L'infarctus du myocarde représente la complication majeure de l'angine de poitrine, mais cette complication peut être évitée ou du moins retardée de nombreuses années si un traitement est prescrit précocement : contrôle des facteurs de risque, médicaments, angioplastie ou pontage coronaire en fonction du degré d'atteinte des artères.

appeler le 15L'angine de poitrine peut débuter ou s'aggraver brusquement, avec des crises d'emblée intense pour des efforts minimes ou même au repos, la nuit. Cette angine de poitrine instable doit être considérée comme une menace d'infarctus (on parle de syndrome coronaire aigu) et impose une hospitalisation en urgence.

Inversement, grâce aux différents traitements, la douleur d'angine de poitrine peut disparaître et une vie tout à fait normale – active voire même sportive (mais pas n’importe quel sport ni n’importe comment) –, est possible.

Enfin, dans certains cas, surtout si les facteurs de risque de la maladie coronaire ne sont pas contrôlés, la maladie évolue à bas bruit vers une insuffisance cardiaque avec essoufflement à l'effort, évolution peut être compliquée d'accidents de parcours, syndrome coronaire aigu comme l’infarctus du myocarde, troubles du rythme, œdème aigu pulmonaire.

Le Comité éditorial
Mise à jour : 01/10/2010

La vidéo présentée sur cette page est issue d'un partenariat entre la FFC et le laboratoire Novartis dans le cadre d’une action de prévention. Elle peut être retrouvée sur www.mediathequenovartis.fr